
La Journée mondiale Alzheimer a lieu, comme chaque année, le 21 septembre. Autour de cette date, les associations nationales de patients atteints de démence et les institutions locales à travers le pays organisent diverses activités d'information et de rencontre destinées aux personnes atteintes de démence et à leurs familles. L'objectif de cette journée est de sensibiliser le public à la maladie d'Alzheimer et aux autres formes de démence.
Cette année encore, un thème international spécifique accompagne cette journée : « Plus tôt on le sait, plus on peut agir : un diagnostic de démence est important »
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié un rapport consultatif basé sur une étude approfondie ayant passé en revue la littérature existante. Cette étude a examiné et discuté 14 facteurs de risque modifiables susceptibles de réduire le risque de développer une démence (voir aussi : Livingston, The Lancet Commissions, 2024).
Dans cette version révisée et actualisée des résultats, de nombreuses recommandations antérieures en matière de mode de vie restent valables : une activité physique suffisante, une alimentation saine et équilibrée, la prévention du surpoids, le traitement d'un cholestérol élevé, de l'hypertension artérielle et du diabète, ainsi que l'arrêt du tabac et la limitation d'une consommation excessive d'alcool.
Dans la dernière version du rapport, l'OMS accorde une attention accrue au sommeil, à la pollution atmosphérique, à la baisse de la vue, à la perte auditive, aux accidents vasculaires cérébraux, aux traumatismes crâniens, ainsi qu'à l'importance des contacts sociaux. Une combinaison de mesures apporterait probablement le plus grand bénéfice, conclut le rapport.
Le thème de la Journée mondiale Alzheimer de cette année est le diagnostic précoce. Pourquoi est-il en réalité si important de diagnostiquer la démence le plus tôt possible ? La prévention est importante car une part significative du risque d'Alzheimer repose sur des facteurs modifiables, et seul un diagnostic précoce laisse suffisamment de temps pour agir sur ces facteurs avant que la maladie ne se manifeste.
Le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer a beaucoup évolué ces dernières années. Auparavant, les médecins attendaient que des symptômes évidents apparaissent, comme des pertes de mémoire, avant de tester la maladie. Aujourd'hui, l'accent est de plus en plus mis sur la détection de signes biologiques d'Alzheimer dans l'organisme, parfois des années avant que la personne ne remarque quoi que ce soit. Le point de départ reste généralement de simples tests de mémoire et de cognition réalisés au cabinet médical, accompagnés d'une imagerie cérébrale (IRM ou scanner) afin de vérifier un rétrécissement dans les zones importantes pour la mémoire et d'exclure d'autres causes telles qu'un accident vasculaire cérébral ou une tumeur.
Cette approche fonctionne, mais selon l'Alzheimer's Association, elle présente un inconvénient : lorsque ces tests révèlent un problème, des dommages considérables se sont souvent déjà produits dans le cerveau (Alzheimer Organisation | Comment diagnostique-t-on la maladie d'Alzheimer ?).
C'est pourquoi une grande partie de la recherche se concentre désormais sur la détection de la maladie plus tôt, au niveau biologique. Des scanners cérébraux spécialisés (TEP) permettent de visualiser directement deux protéines liées à la maladie d'Alzheimer, l'amyloïde et la tau, qui s'accumulent dans le cerveau. Un autre type d'imagerie peut révéler si les cellules cérébrales des régions liées à la mémoire consomment moins d'énergie que la normale, un signe avant-coureur. Il existe également un test du liquide céphalorachidien, réalisé par prélèvement d'un petit échantillon autour de la colonne vertébrale, qui vérifie la présence de ces mêmes protéines liées à Alzheimer. Enfin, un test génétique peut indiquer si une personne est porteuse de gènes qui augmentent son risque, notamment un gène appelé APOE4, sachant que le fait de porter ce gène ne signifie pas que la personne développera nécessairement la maladie (Alzheimer Organisation | Diagnostic précoce).
Le développement le plus prometteur récemment est un simple test sanguin recherchant une protéine appelée p-tau217. Une vaste étude menée en 2026 a montré que, parmi les personnes âgées ne présentant aucun trouble de la mémoire au moment du test, celles ayant des taux très élevés de cette protéine présentaient une probabilité de 78 % de développer des troubles cognitifs dans les 10 ans. Même les personnes présentant des taux modérément élevés avaient une probabilité proche de 45 % sur cette même période. Ce résultat est significatif car il montre qu'un test sanguin, rapide et bien moins invasif qu'un scanner cérébral ou une ponction lombaire, pourrait permettre de détecter le risque environ dix ans avant qu'un problème ne se manifeste (Buckley 2026, Petersen 2026).
Toutefois, les médecins ne sont pas encore prêts à généraliser ce test. Les taux de cette protéine peuvent également être influencés par d'autres facteurs, tels que l'âge, la santé rénale, le poids corporel et l'origine ethnique d'une personne, ce qui explique qu'il ne constitue pas un indicateur prédictif parfait à lui seul pour un individu donné. Les recherches menées jusqu'à présent se sont également concentrées principalement sur un groupe de population relativement restreint, de sorte que des études supplémentaires sont nécessaires avant que ce test ne soit utilisé plus largement. Pour l'instant, les médecins le considèrent surtout comme un indice précoce utile permettant d'identifier qui devrait bénéficier d'un scanner cérébral ou d'un test du liquide céphalorachidien plus approfondi, plutôt que comme un outil de dépistage destiné à la population générale.
Certains laboratoires, dont Quest Diagnostics, proposent déjà ce test sanguin de manière commerciale, ce qui accélère cette évolution. Contrairement aux scanners cérébraux, il n'a toutefois pas encore reçu d'homologation complète en tant qu'outil de diagnostic autonome pour un usage médical courant.