Beaucoup de personnes associent encore un séjour à l’hôpital à rester alité et pensent que le repos favorise la guérison. Cependant, la recherche montre qu’une inactivité inutile a des effets négatifs sur la santé.
Pour répondre à ce problème, un groupe de physiothérapeutes néerlandais a créé le groupe d’experts Beweegziekenhuizen. Ils ont développé le concept de l’hôpital en mouvement, un hôpital où le mouvement fait naturellement partie de la vie des patients, des visiteurs et du personnel. L’objectif est de réduire l’inactivité pendant l’hospitalisation et de favoriser le rétablissement.
Cela se fait par le biais de différentes interventions : encourager les patients à sortir du lit pour les repas, à effectuer eux-mêmes les activités de la vie quotidienne (AVQ) et à utiliser des parcours de marche pour maintenir leur force, leur endurance et leur autonomie.
L’association professionnelle des physiothérapeutes (KNGF) a également publié une prise de position sur ce concept (KNGF – Position Hôpitaux en Mouvement).
Le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde a récemment publié une revue claire des études examinant des stratégies visant à promouvoir le mouvement pendant l’hospitalisation (Interventions de mouvement pendant les hospitalisations, Ned Tijdschr Geneeskd. 2023;167:D7904).
L’une des interventions décrites était STRIDE, un programme de marche encadré mis en place dans huit hôpitaux aux États-Unis. Le principal résultat de cette étude était qu’un plus petit nombre de patients ont été orientés vers des maisons de retraite (STRIDE intervention).
Cependant, il s’est avéré difficile d’atteindre les objectifs de mouvement, et la mise en œuvre durable de l’intervention a également posé problème. Sa durabilité n’a malheureusement pas été étudiée davantage, et il n’y avait pas de groupe témoin sans l’intervention de marche, ce qui rend les conclusions plus limitées.
L’encouragement et la mobilisation active par le personnel de santé se sont révélés déterminants pour savoir si les patients restaient actifs ou non. Ce processus est complexe et dépend de nombreux facteurs : charge de travail élevée, connaissances et perceptions du mouvement, ou encore infrastructures hospitalières plus ou moins adaptées.
L’article évoque également le projet « Beter uit Bed » (Mieux hors du lit) mené au RadboudUMC. Cette intervention comprend l’information des patients sur l’importance du mouvement, leur mobilisation, la réalisation des AVQ, ainsi que l’exercice autonome ou accompagné dans des espaces dédiés (RadboudUMC, Mieux hors du lit).
Après la mise en œuvre, les patients étaient plus actifs physiquement et rentraient plus rapidement chez eux. Le programme s’est également avéré rentable : environ 75 000 € d’économies par service et par an, pour un investissement annuel de 7 000 €.
Le Maastricht UMC+ utilise également une application pour mesurer et visualiser l’activité physique des patients et du personnel (Hospital fit). À l’Amsterdam UMC, les principaux freins à l’activité physique étaient d’ordre organisationnel.
La conclusion générale de cette revue est qu’il faut lever les barrières à l’activité physique et soutenir les facteurs facilitants pour favoriser le mouvement pendant l’hospitalisation. Les interventions de mouvement sont rentables et encouragent un mode de vie actif même après la sortie de l’hôpital.